NOTE IMPORTANTE

Pas la peine de m’envoyer un cobra dans ma boite aux lettres ! Je ne suis pas pour cette loi, c’est juste que la mauvaise foi de part et d’autre, ça me fais bien rire. Par exemple, il y a déjà des gens qui ont commencé à me dire, “ah ben maintenant on ne peut plus télécharger” - et la loi est même pas passée ! La loi n’a pas d’importance, seule compte la peur...

Oh, et puis aussi : ce truc est juste un brouillon que j’utilise pour prendre des notes... je suis preneur de remarques, mais bon, c’est UN BROUILLON.

Les sanctions

La riposte graduée : un mail, une lettre recommandée, et une coupure de connexion internet. Pourquoi c’est un peu idiot, mais au fond, aussi, pourquoi pas.

Un mail

Un mail, oui, mais à quelle adresse ? Bon alors, réfléchissons deux secondes. J’ai entendu dire que les gens ne se servent pas de la boîte de leur founisseurs d’accès. C’est vrai. Qui le fait encore ?

Mais d’un autre côté. Si votre banque vous demande votre e-mail pour vous avertir en cas de mouvements étranges, par exemple. Dans ce cas, vous allez bien lui donner une adresse e-mail valide, non ? Si votre fournisseur d’accès vous demande un moyen de vous contacter pour vous avertir que quelqu’un fait une utilisation frauduleuse de votre compte, ça ne vous concerne plus, tout à coup ?

On arrive ici au cœur d’un problème plus vaste : la valeur juridique des e-mails. Là, il pourrait être intéressant de penser à une architecture de sécurité permettant de signer et/ou crypter les mails. Cette architecture permettrait des communications sécurisées comme pour le HTTPS, par exemple. Ça existe. Il faudrait penser deux minutes.

Pourtant, imaginez que les gens ne communiquent que par emails dûment signés (sans parler de cryptage). Fin du SPAM. Signature non valide ? Je jette. Ben oui, parce que le spammer, il ne vit que de ça : être non identifié. Si en plus on crypte : un peu plus de vie privée.

Oui, mais les impacts seraient énormes : fin de la lettre recommandée. Sans parler du métier de la poste qui serait à repenser quelque peu (mais il y a de quoi faire), imaginez que vous puissiez émettre quasi-gratuitement ce genre de communication. Je résilie un contrat d’assurance ? Un mail. Délai de réception ? inférieur à la seconde. Communication avec les administrations ? Un mail. etc. etc.

Couper la connexion internet

Plutot que suspendre l’abonnement internet, une solution simple consisterait à interdire les flux entrants. Bon, les flux à l’initiative de l’extérieur. Techniquement, c’est pas le bout du monde. Ca veut dire que l’on peut se connecter à internet et faire beaucoup de choses (par exemple c’est le cas si vous êtes derrière un firewall ou un proxy ou les deux...) mais pas partager de la musique.

Parce que l’illégal, c’est de partager, pas de télécharger. Après tout, je télécharge et alors ? Comment pourrais-je savoir que le gars qui me donne la musique n’a pas le droit de la diffuser ?

Si cette simple mesure technique est mise en oeuvre, on augmente le rapport gens qui prennent/gens qui donne : une catastrophe pour l’économie du réseau (sans compter qu’on récupère des lows-ID...)

Les arguments de mauvaise foi

La loi HADOPI est une loi idiote, mais à quoi donc peut-on s’attendre quand on a affaire à des incompétents ? Par contre, les arguments pour la contrer sont souvent de mauvaise foi. Je vais reprendre le plus courant.

Mon adresse IP, mais en même temps, non

Alors soit-disant qu’une adresse IP ne vous identifie pas. On pourrait falsifier une adresse IP. Celui qui me raconte ça ne connait pas grand chose au réseau, voire peut-être même à l’informatique. Avec tous les nanard pourris qui passent au cinéma et l’image qu’on donne des hackers, c’est pas très étonnant.

Le réseau, ça marche en envoyant des paquets, des trames. Comme des lettres. Alors oui, vous pouvez mettre n’importe quelle adresse source, quelle bonne blague. Seulement, comme avec les lettres, si vous mettez une adresse d’expéditeur bidon, pour les retours, ça risque d’être dur. Mauvaise nouvelle : si vous envoyez des paquets sur le réseau avec une fausse adresse IP, ils partiront, mais vous n’aurez pas de retour. Et pas de retour, ça veut dire : pas de téléchargement possible. On truque les adresses IP pour faire des attaques de déni de service par SYN flood, les gars, pas pour télécharger...

Alors voilà le shéma. Un robot de l’HADOPI (par exemple) se connecte sur un réseau P2P. En principe, il contacte un serveur plus ou moins centralisé en fonction des protocoles employés. Il cherche “Best Of de Johnny Kleenex.mp3” (le chanteur jetable de l’été). Le serveur lui répond : Trop facile, il lui renvoie une liste des fichiers répondant à ce motif et la liste des sources qui le partagent.

Il faut ensuite que ce robot se connecte sur chacune des sources, demande le fichier, et l’obtienne. Ou au minimum, obtienne une sorte de place dans une queue pour l’avoir.

Si parmi ces sources, il y a votre IP, c’est que vous partagez ce fichier. Sinon c’est qu’un grand méchant pirate a usurpé votre IP pour faire discret. Mh. Alors...

Le GRAND méchant pirate

“Oui, mais alors, si on me pirate ma box ? Si quelqu’un se connecte en wifi, ou je sais pas quoi ?”

Alors mauvaise nouvelle : responsabilité du fait des choses dont on a la garde, ça dit quelque chose à quelqu’un ? C’est pas de l’informatique, c’est du droit civil de première année.

Si vous laissez votre voiture grande ouverte et que quelqu’un la prend toutes les nuits pour faire des excès de vitesse (ou allez savoir quoi d’autre d’illégal), vous irez dire que vous étiez pas au courant, vous verrez...

“Oui, mais alors, si je partage ma connexion, et pour une entreprise ?”

Alors l’entreprise qui laisse ses salariés surfer, télécharger, etc. en openbar, je dis bravo ! Seulement : elle a confiance (et c’est possible, ça existe) ou alors elle est complétement inconsciente. Commettez un délit avec une voiture de fonction et vous verrez qui est responsable pénalement. Si vous partager votre connexion et que quelqu’un pirate avec, c’est comme si vous prêtez votre voiture à un pote et il va se faire flasher et il vous la rend sans rien vous dire. Pour vous c’est normal ? Eh bien moi, c’est pas le genre de copains que j’aimerai avoir.

“Et si on me pirate ?”

Les grands méchants pirates ! Ils sont partout, c’est connu ! Alors, dans ce cas, c’est simple. Un mail va vous prévenir que vous piratez. Et là, c’est comme si au lieu d’une amende pour flash au radar, vous receviez une carte postale de la police pour vous dire : “bon, on vous a vu à 200 en plein village, ça va pour cette fois, mais faudra voir à y aller mollo.”

Là, dans l’exemple de la voiture : soit c’est vous. Alors, c’est simple, suffit de y aller mollo. Soit c’est pas vous. Alors là, vous avez une petite conversation avec votre mari et vous lui dites : “bon, chéri, t’es gentil, tu veux prendre des cours de pilotage, c’est avec TA chiotte.” (argument valable avec votre rejeton de 16 en conduite accompagnée). Et si c’est pas vous, et que vous ne prêtez pas votre voiture à quiconque ? Vous allez rester les bras croisés à rien faire, en vous disant, “m’en fiche, j’ai rien fait, je boude” ? Parlez-moi d’irresponsabilité !!!

Et si une lettre recommandée arrive dans le même genre, toujours à bouder dans votre coin ?

Non, franchement, on vous averti gratuitement que quelqu’un pirate votre réseau... maintenant vous pouvez pas dire que vous savez plus. Vous savez ! Bon, ben il reste à virer le wifi (C’est polluant, ça vous fera pas de mal, au contraire) : allez sur le net, si votre pirate vous laisse de la bande passante, et trouvez un how-to chez votre FAI pour le faire. Si votre FAI n’a pas de HOWTO, c’est un branque. Changez-en. Au passage : cadeau de la loi HADOPI : motif en béton armé pour résilier un contrat de FAI : solution non sécurisable, met en balance ma responsabilité pénale. Inattaquable.

“Oui, mais si on pirate mon ordinateur” ? Là, je vais vous dire un truc : les gars prêts à pirater le wifi non sécurisé du voisin pour télécharger, j’en connais. Je serai peut-être pas le dernier à le faire, mais franchement (et pourtant, la loi, je m’en carre sévère) je sais même pas si je le ferai : d’ailleurs je téléchargerai parce que je suis persuadé que l’artiste n’y perd rien. Par contre, faire peser des risques sur mon voisin, là, je sais pas. Mais entre pirater le wifi non sécurisé du voisin et s’introduire dans son ordinateur, il y a un pas. Et ça, en ce qui me concerne, je ne le franchirai pas, mais en plus, je sais vraiment pas s’il y a beaucoup de gens pour le franchir. C’est un pur fantasme. C’est un cas sur dix mille ! (OK, là c’est du pur pifomètre).

Et franchement, le gars qui fait ça, il a un peu autre chose à faire que de télécharger de la musique. Réfléchissez cinq minutes ! Sa musique il la paye avec votre carte bleue, c’est plus simple.

 
lutte_contre_le_telechargement.txt · Dernière modification: 2009/09/10 16:45 par joe
 
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