On fait souvent mieux de se taire. D’ailleurs, se taire, c’est souvent ce qu’on fait de mieux. Et c’est dommage, parce que parler, c’est bien une des rares choses qu’il soit aussi facile de dire que de faire.
En ce qui concerne la liberté tout court, inutile d’en parler : on sait bien que mettre tout le monde en prison est la seule vraie façon de s’assurer qu’aucun criminel n’est en liberté.
Il y a une chose qu’il me paraît important de noter à propos de la liberté d’expression. C’est qu’en ce qui me concerne, elle doit s’accompagner d’une certaine honnêteté intellectuelle. Je suis les conseils de Chomsky, j’essaye de m’appliquer d’abord les règles que je voudrait que les autres respectent. Cela dit quiconque peut bien parler pour raconter les pires des idioties, je ne nie aucunement leur liberté à le faire : et après tout c’est que la plupart des politiques passent leurs journées à faire. En fait, ils sont même grassement payés pour ça ! Ce contre-emploi de la liberté d’expression montre bien que rien ne sert de l’interdire. Et aussi que passé un certain stade de stupidité, de candeur ou de malhonnêteté, il ne sert à rien de combattre, il suffit d’ignorer.
Donc, en prenant les choses par le commencement, je me suis rendu compte récemment que j’adoptai cette position d’autant plus facilement que la position que j’occupe dans l’espace social (bon, allons-y franchement, je suis blanc, mâle, de la nationalité du pays que je me trouve habiter, athé, etc...) ne me portait pas vraiment a être touché par les discours sujets à des restrictions légales : on peut toujours tenir des discours racistes, misogynes, sur les différentes marques de dieux, etc. rien à faire, je ne suis pas concerné. Alors forcément, j’ai beau jeu de prôner une liberté qui ne m’affecte pas. Cela étant...